Changement

C'est parti d'un constat, celui d'avouer ces huit "petits" mots : " je n'arrive plus à aimer mon métier".

Mon métier je l'ai choisi, et aujourd'hui je n'ai plus goût à le pratiquer.


Je crois que cela à commencé avec tous ces confinements, partout on nous répétait que nous n'étions pas essentiels, on finit par se dire que oui finalement on n'est pas essentiels, sommes-nous vraiment utiles moi et mon appareil photo ?



J'ai ouvert une seconde branche de mon activité qui clairement disons-le, m'a sauvé de la dépression. J'étais au bord à regarder le vide et à me sentir vide. Ce n'était pourtant pas la plus dure des épreuves de mon existence à ce jour. Derrière mes maux se cachait un passé de mère au foyer assumé mais jugé à tort et à travers, une femme que l'on montre du doigt car " elle ne travaille pas !", aujourd'hui je suis fière de dire que c'est un métier à part entière et que je ne regrette rien de ces années précieuses auprès de mes enfants, mais j'en garde évidement quelques séquelles. Et me retrouver à nouveau sans pouvoir pratiquer mon métier et fermer trois fois de suite mon activité fût un moment douloureux et difficile.


J'ai découvert avec cette nouvelle activité, un public différent, une compréhension et un retour clients que je n'avais jamais connu auparavant, et puis ça fonctionne !.

Je ne voulais plus vivre les périodes de creux ou de confinements à ne plus savoir quoi faire de moi, c'était la raison de cette ouverture.

ça à durée quelques mois, mon morale à fait flot à nouveau, je me forçais à ne plus penser à mon premier amour : la photographie, j'étais capable de fondre en larmes si j'en fessais le constat, je n'étais pas prête.



S'est ajouté le déclin des réseaux sociaux, alimenter ma page Facebook, ou mon compte instagram me demandait un effort considérable, je n'avais plus rien à dire, j'avais envie de crier que ça n'allait pas sans y arriver, j'étais fatiguée de publier sans retours, sans visibilités. Et je n'avais pas envie d'y passer tout mon temps. J'ai essayé de nouvelles choses, qui ne marchait pas ou peux.

Tout me touchait trop fort, je prenais tout de plein fouet, les annulations, les refus, les personnes qui ne venaient pas et me laissaient au pied des marches à attendre, le silence après l'envoi d'une galerie ou des clichés. C'était décuplé, ma sensibilité accrue, ne le supportait plus.


Je sentais ce mal-être grandir à nouveau, j'avais besoin d'éteindre mon téléphone pour m'interdire d'aller sur les réseaux sociaux. Je ne savais plus quoi faire ou comment.

Il était temps de faire l'état des lieux, je ne sortais plus mon appareil et je n'en avais plus envie, j'étais en colère après moi de ressentir cet énorme cafard, parfois j'avais envie de tout plaquer, comme si j'allais me sentir mieux ensuite.



Il fallait alors que je me rappelle pourquoi j'avais choisi ce métier, sept ans à me démener pour progresser et atteindre le niveau que je souhaitais, c'est difficile de lâcher prise sur sept ans d'amour, de rencontres, de passion.

Après des discussions, des remises en question pour savoir ce que je voulais montrer à travers mon appareil, où mon cœur se sentait le mieux, des larmes, de la colère, ce fût finalement une évidence qui me trottait en tête depuis longtemps, l'authenticité, la naturelle des émotions, raconter un bout des histoires de chacun. Je voulais servir à vous créer des souvenirs que l'on pouvait mettre en album, comme ceux que je feuilletais enfant chez ma maman, des images qui ne se démoderont pas, des souvenirs intemporels. J'avais déjà enclenché un bout de ce changement sans m'en rendre compte, en proposant les séances naissances à domicile.


Et puis finalement, j'ai pris la décision de fermer la partie studio de mon activité, et ce fût un soulagement , une libération. Nous devions agrandir la maison pour offrir une chambre supplémentaire à nos enfants et j'ai laissé cette idée prendre place, jusqu'à être prête, et là je l'étais enfin.


Il y a et il y aura toujours des questions en suspend, vais-je convaincre ? est-ce que des familles me feront confiance à nouveau après ce changement ? est-ce que l'on me suivra dans mes aventures ?




Petit à petit je ressors mon appareil, le dimanche en famille, j'ai recommencé à écrire et à partager sur les réseaux, le grand écart a été de fermer mon studio.

Les dernières séances que j'ai pu réaliser m'ont conforté dans mon envie de changement, de renouveau. Je dois me concentrer sur ce qui fait vibrer mon cœur, une photographie sans artifices, simple, naturelle.

Ne plus demander à mes clients de choisir un nombre précis de photos, mais leurs délivrer un reportage complet de leurs séance, c'est trop important pour moi, je ne peux pas couper ces moments, je suis entière moi-même, sensible, c'est ce qui me ressemblait le plus finalement. Et tant pis pour ce que j'avais appris en formation, il faut savoir contourner les leçons parfois.



Il n'est jamais trop tard pour se (re)trouver, pour changer de direction. J'ai hésité longtemps avant d'écrire cet article de blog, il montre que je suis fragile et vulnérable, et ça peut faire peur. Mais il fallait que j’explique à ceux qui me suivent depuis longtemps pourquoi j'ai fait ce changement, pourquoi j'ai fermé les portes de mon studio, quelles étapes j'avais traversé. Depuis l'enfance, j'ai toujours écrit pendant les périodes les plus difficiles, c'est une sorte de libération, des textes traînent écrit sur des carnets, enregistrés sur des disques dur, celui-ci j'ai décidé de vous le partager, c'est la seule différence.


Aujourd'hui j'essaye d'assimiler que j'ai le droit parfois de ne pas me sentir bien, j'ai le droit d'en parler, j'ai le droit de faire des changements qui me font du bien.


Oui, j'ai repris goût, j'ai hâte de partir en séance, je prends plaisir à partager vos expériences, nos rencontres, à écrire ces heures passées ensemble. Je suis heureuse d'avoir pris cette décision, la porte vers un nouveau studio à mon image n'est pas fermée, mais pour le moment je n'ai pas envie de la rouvrir.


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